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 La  Lettre  du Cr
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 n° 13

 

Editorial

Bonjour à tous,

C’est avec grand plaisir que j’écris cet éditorial pour la Lettre du CReCSS, au moment où je débute ma cinquième semaine en tant que Professeur Invité à l’Université Paul Cézanne. Il y a plusieurs années, Alice Desclaux m’avait invitée à passer quelques temps avec l’équipe du CReCSS, mais je venais tout juste de prendre mes fonctions de directrice du département de Santé Communautaire et Familiale dans mon université d’origine (University of South Florida, Tampa) et je n’avais donc pas pu accepter l’invitation à l’époque. Heureusement, cette année, j’ai pu bénéficier d’un congé d’un semestre et rejoindre l’équipe à Aix, et ce jusqu’en décembre. Pendant mon séjour, je vais donner quelques cours dans le programme de master, mener une recherche sur le cancer du sein, et en apprendre plus au sujet de l’anthropologie médicale en France et dans d’autres pays européens.

L’un de mes objectifs est de créer des liens entre, d’une part, des anthropologues médicaux et des associations en Europe et d’autre part la Society for Medical Anthropology (SMA) aux États- Unis. En novembre, j’assisterai à la réunion annuelle de la SMA et commencerai un mandat de quatre ans en tant que présidente de cette organisation. Ainsi, j’espère travailler à une plus grande collaboration entre la SMA et les groupes d’anthropologie médicale européens. Peu de temps après mon arrivée en France, j’ai eu l’opportunité d’assister à la conférence biennale de l’Association Européenne des Anthropologues Sociaux (EASA) à Ljubljana (dont un compte rendu est d’ailleurs proposé dans ce numéro) et, plus récemment, je me suis rendue à la réunion de Medical Anthropology Switzerland à Bâle. Ces expériences m’ont permis de considérer quelques une des différences entre l’anthropologie médicale aux États-Unis et en Europe. Je voudrais les partager avec les lecteurs de cette Lettre.

Aux États-Unis, la plupart des facultés d’anthropologie proposent des enseignements dans ce que nous appelons les « quatre champs » : anthropologie culturelle, anthropologie physique, archéologie et linguistique. L’anthropologie médicale se distingue au sens où d’une part elle intègre à la fois anthropologie physique et culturelle dans une perspective « bioculturelle, et où, d’autre part, elle se prolonge jusqu’à l’archéologie (par exemple la paléoépidémiologie) et la linguistique (par exemple en ce qui concerne les nosologies). Cette envergure interdisciplinaire est considérée comme l’un des points forts de ce champ d‘étude. Par exemple, certains anthropologues médicaux mènent des recherches sur des sujets biologiques et génétiques, en centrant l’analyse sur les interactions des dimensions biologiques et culturelles de ces sujets.

La SMA possède le plus grand nombre d’adhérents parmi toutes les sections de l’Association Américaine d’Anthropologie (AAA). Ceci est dû en partie à l’inclusion de nombreux spécialistes d’anthropologie appliquée travaillant dans le champ de la santé. La SMA est devenue partie intégrante de l’AAA en 1971. Depuis, elle organise régulièrement des rencontres avec l’AAA et la Society for Applied Anthropology. Comme en anthropologie en général, des différences idéologiques existent entre les tenants d’une approche plus théorique et ceux qui « pratiquent » l’anthropologie. Travaillant en anthropologie appliquée depuis de nombreuses années, je partage l’espoir que nombre de ces divisions vont s’effacer dans l’avenir.

D’après ce que j’ai compris jusqu’ici de l’anthropologie médicale européenne, il semble que la division théorique / appliqué existe ici aussi et que la discipline est en premier lieu un des champs de l’anthropologie culturelle. Une distinction entre ethnologie et anthropologie sociale perdure en Europe, alors qu’aux États-Unis, ces deux champs sont largement fusionnés. J’ai encore beaucoupà apprendre au sujet des différences entre pays. Les commentaires de lecteurs pouvant m’aider à mieux comprendre sont les bienvenus (jcoreil@health.usf.edu).

Aux États-Unis, ceux d’entre nous qui mènent des recherches internationales en santé publique sont une petite minorité des anthropologues médicaux. Dans l’école de santé publique dans laquelle je travaille en Floride, on trouve seulement deux anthropologues parmi les enseignants, et je suis la seule impliquée dans une recherche internationale. Par conséquent, faire partie ici à Aix d’une équipe d’anthropologues avec une ouverture internationale forte est pour moi une expérience nouvelle et bienvenue. Je suis reconnaissante de cette opportunité d’intégrer l’équipe du CReCSS et attends avec impatience les nombreux échanges enrichissants que je ne manquerai pas d’avoir ici avec mes collègues.

Bien à vous,

Jeannine Coreil

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